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Quand la démocratie locale devient un simulacre...

il y a 7 heures
3 min de lecture

 


Il est des moments où le Conseil communal ne se contente plus de décevoir, il inquiète.  La séance du 18 mai à Waterloo aura laissé chez plusieurs citoyens un sentiment plus grave encore que la frustration : celui d’une démocratie locale vidée de sa substance.

 

De quoi s’agit-il ?

 

Waterloo a voté son Plan d’Action en faveur de l’Énergie Durable et du Climat (PAEDC) lors de la séance du Conseil communal du 5 septembre 2022.Un plan comportant 16 fiches d’actions a été mis en œuvre, auquel des citoyens bénévoles ont été invités à participer.

Après 3 ans de travail, devant le refus des propositions concrètes émises, un grand nombre de ces citoyens ont choisi de démissionner de leur engagement.Ils ont souhaité expliquer leur geste lors d’une interpellation citoyenne en Conseil communal, celle-ci ayant d’habitude lieu en début de séance à 20h. Que vaut une interpellation lorsque ceux qui l’écoutent discutent, consultent leur téléphone ou s’en amusent ? Que dire lorsque les réponses des responsables politiques éludent les questions pour dériver vers des considérations personnelles, sans recadrage, ni exigence de sérieux ? Que reste-t-il du dialogue démocratique lorsque la parole citoyenne est reléguée en fin de séance, après des heures d’attente ?

Ce qui s’est joué ce soir-là n’est pas un simple incident. C’est un symptôme.

 

Le mépris des formes … et du fond

 

La démocratie ne repose pas uniquement sur des règles, des procédures ou des convocations. Elle repose d’abord sur une culture : celle du respect. Respect des institutions, bien sûr, mais surtout respect des citoyens.

Ce respect a fait défaut à plusieurs niveaux.

Respect du temps : faire attendre des citoyens engagés pendant près de deux heures pour enfin leur laisser la parole, renvoyée au bas de l’ordre du jour, est un signal clair : vous n’êtes pas prioritaires.

Respect de la parole : lorsqu’une interpellation est posée de manière structurée, argumentée, étayée par des faits, elle mérite des réponses à la hauteur. Pas des esquives. Pas des anecdotes privées. Pas des attaques personnelles.

Respect de l’engagement : derrière cette interpellation, il y a des années de travail bénévole de citoyens engagés au sein du PAEDC.

Ignorer cela, c’est nier la contribution essentielle de la société civile à la vie locale.

 

Une participation citoyenne réduite à une illusion

 

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics mettent en avant la participation citoyenne pour le PAEDC. Groupes de travail, consultations, plans d’action… les dispositifs existent. Sur le papier, Waterloo s’inscrit dans cette tendance.

Encore faut-il que cette participation ait un sens. Lorsque des citoyens s’investissent, formulent des propositions, construisent des projets, que tout ralentit ou se bloque, que rien n’aboutit, la participation devient une illusion. Elle donne l’impression d’associer pour mieux neutraliser.

Les démissions de plusieurs membres des groupes du PAEDC traduisent une perte de confiance. Elles posent une question simple et dérangeante : à quoi sert-il de s’engager si l’on n’est ni entendu, ni soutenu, ni pris au sérieux ?

 

Le cas du climat : un révélateur implacable

 

Le sujet de l’énergie durable et du climat exige de la constance, de la cohérence, et surtout une mobilisation collective.

Des citoyens se mobilisent, proposent des actions de sensibilisation, cherchent à créer une dynamique locale. En face, ils se heurtent à l’inertie, à l’absence de relais politique, à une forme d’indifférence. Et lorsque ces mêmes citoyens utilisent l’un des rares outils démocratiques à leur disposition (l’interpellation au Conseil communal) ils découvrent que même cet espace de parole est illusoire.

Le constat est sévère : non seulement l’action climatique peine à avancer, mais le débat démocratique qui devrait l’accompagner se délite.

 

Une responsabilité politique engagée

 

Il s’agit ici d’interroger un fonctionnement. Les élus locaux ont une responsabilité particulière : ils sont les garants du lien démocratique. Ils doivent non seulement décider, mais aussi écouter, expliquer, rendre compte. Et surtout, ils doivent reconnaître la valeur de l’engagement citoyen.

À défaut, le risque est connu : désengagement, défiance, repli à l'égard de la démocratie.

 

Retrouver le sens du collectif

 

L’incident qui s’est passé lors de ce Conseil communal doit être pris pour ce qu’il est : un signal d’alarme de déviance de la démocratie. Renouveau Communal réaffirme clairement que la parole citoyenne mérite une place digne et respectée. Respecter la démocratie n'est pas juste un slogan de campagne, c'est un engagement solennel ! 

 

Sébastien Willems

Chef de File et Conseiller communal

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